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Travail et canicule : "voyage d'études" en Espagne pour Jean-Pierre Farandou et les partenaires sociaux pour "voir les bonnes pratiques"
information fournie par Boursorama avec Media Services 09/09/2026 à 13:37
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Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, à Paris le 1er juillet 2026. ( AFP / SIMON WOHLFAHRT )

Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, à Paris le 1er juillet 2026. ( AFP / SIMON WOHLFAHRT )

La CGT réclame des changements immédiats par la loi pour mieux protéger ceux qui travaillent sous de fortes chaleurs, et notamment l'inscription dans le Code du travail de températures maximales pour travailler, comme c'est le cas en Espagne.

Apprendre les éventuelles "bonnes pratiques". Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou et les partenaires sociaux se rendent ce mercredi 9 septembre à Madrid, en Espagne, pour apprendre à adapter le monde du travail aux températures caniculaires.

"L'Espagne sait fonctionner en dépit de températures élevées, donc la réponse n'est pas de tout arrêter, mais de s'adapter", a déclaré Jean-Pierre Farandou, lors d'une conférence de presse avec son homologue espagnole Yolanda Diaz. Le ministre français veut établir un "cadrage national" à l'issue de ce "voyage d'études", souhaité dès juin quand les premiers épisodes de canicule avaient ouvert un été historiquement chaud en France, et "ensuite demander aux branches et aux secteurs de mettre en place les renforcements nécessaires".

En raison de la proximité de la présidentielle, une "voie législative est plus complexe" à trouver, sans garantie de pouvoir aboutir, a-t-il admis. "Il ne s'agit pas tant d'imposer des règles rigides que d'adapter la journée de travail aux circonstances de la vie", a estimé Yolanda Diaz, considérant que la "législation du travail doit être repensée au XXIe siècle pour aborder l'un des grands défis de notre époque, que l'Espagne connaît bien : le changement climatique". Jean-Pierre Farandou a affirmé partager avec son homologue "la conviction que performance des entreprises et protection des salariés marchent très bien ensemble". Des représentants de cinq syndicats français, dont la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet, et des trois organisations patronales représentatifs participent à ce déplacement qui comprend également la visite d'un chantier et d'un entrepôt.

Un système de "jornada intensiva"

Le nombre de travailleurs dont le décès peut être imputé à la chaleur en France cet été n'a pas encore été communiqué par la Direction générale du travail, la CGT l'estime à une vingtaine. Le syndicat réclame des changements immédiats par la loi pour mieux protéger ceux qui travaillent sous de fortes chaleurs, et notamment l'inscription dans le Code du travail de températures maximales pour travailler. C'est le cas en Espagne, où la législation prévoit depuis les années 1990 une température maximale de 27°C pour un travail en espace fermé. Un protocole spécial doit également être mis en place par les employeurs en cas d'alertes orange et rouge émises par l'agence météorologique nationale, comprenant la modification des horaires de travail si les autres mesures de protection ne suffisent pas.

Dans certains cas, le système de journée continue, de 8h00 à 15h00, peut aussi être appliqué entre juin et septembre. Ce système dit de "jornada intensiva" ("journée intensive") a été jugé intéressant par Jean-Pierre Farandou, de même que les modalités d'arrêt d'activités qui sont négociés dans des accords collectifs, applicables donc à toutes les entreprises d'un secteur, et le développement de refuges climatiques. "Le dialogue entre le monde du travail et la société est important", a insisté le ministre français du Travail, pour que soient acceptés d'éventuels décalages de travaux en dehors de l'été ou très tôt le matin.

En France, un décret de juin 2025 a renforcé les obligations des entreprises en cas de forte chaleur, comme fournir suffisamment d'eau fraîche, adapter l'organisation du travail ou procurer des équipements adéquats, avec des mesures graduées selon les niveaux de vigilance Météo-France. Mais selon les syndicats, ces obligations ne sont pas suffisamment respectées dans les entreprises.

2 commentaires

  • 09 septembre 14:20

    Le ministre Farandou part faire du tourisme en Espagne... Avec la croisière Macron tous les prétextes sont bons pour voyager à l'étranger, tous frais payés par les impôts des Français bien sûr.

    Pourquoi ne font-ils pas cela en visio-conférence ? Dans les entreprises, la preuve a été faite depuis le COVID que ça gagne du temps, ça fait des économies énormes et c'est largement aussi efficace.


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